Retour en force des grands fonds américains sur le marché italien
Les grands investisseurs américains redoublent d'appétit pour le marché des actions italien. Au point que certains commencent à s'inquiéter du « déficit de patriotisme » des institutionnels italiens. En moins de trois semaines, le fonds américain BlackRock est devenu le deuxième actionnaire de la première banque italienne Intesa Sanpaolo (à 5 %), tandis que le milliardaire George Soros a multiplié les déclarations d'intérêt pour le marché italien en reprenant 5 % de la société immobilière IGD, à travers Quantum Strategic Partners. Au total, selon une étude de Standard & Poor's publiée ce week-end par « Il Sole 24 Ore », les fonds américains détiennent désormais plus de 20 % de la capitalisation de Borsa Italiana, soit une contre-valeur de 82 milliards d'euros.
Particulièrement actif
« Mon équipe d'investissement cherche à trouver le moyen de faire des affaires en Europe, par exemple en investissant dans des banques qui ont besoin rapidement de capitaux », a récemment confié George Soros au « Spiegel ». En tête des « dossiers » bancaires sous le feu de l'actualité : celui de Monte dei Paschi di Siena (MPS), la plus vieille banque du monde qui doit lever d'urgence 3 milliards d'euros. Parmi les candidats potentiels cités par la presse italienne figure le fonds BlackRock, qui est déjà le premier investisseur étranger en Italie (avec 14,7 milliards d'euros investis dans des sociétés cotées).
Selon les données de S&P, à eux seuls, les grands investisseurs américains détiennent désormais 22,2 % de la capitalisation du secteur bancaire italien, soit une contre-valeur de 21,2 milliards d'euros, en hausse de 42 % sur un an. Tous secteurs confondus, les fonds américains représentent la moitié des participations étrangères dans l'indice FTSE MIB des 40 plus grandes valeurs cotées à Milan (à 19,4 %), contre 4,1 % pour la France et 4,7 % pour le Royaume-Uni. Selon les analystes, le regain d'intérêt des américains pour le marché italien s'explique en grande partie par le ralentissement de la politique expansionniste de la Fed et le début de reflux des grands investisseurs des pays émergents pour se redéployer vers les pays périphériques de la zone euro.
Particulièrement actif, le fonds américain BlackRock, qui a franchi récemment le seuil de 10 % dans le capital de Telecom Italia, est déjà très présent dans le secteur des banques populaires avec 4,9 % d'UBI et 3,5 % de Banco Popolare, outre ses 5 % dans Azimut, ENI ou Atlantia... Plus récemment, le fonds Quantum de George Soros a repris 5 % du groupe immobilier Immobiliare Grande Distribuzione (IGD), la société coopérative spécialisée dans la construction de centres commerciaux dans le nord de l'Italie dont il est devenu le troisième actionnaire.